Le slam de la grenouille…
La grenouille qui finit par cuire
Au début, c’est tiède, c’est doux, c’est rien,
Une eau tranquille, un bain de matin.
La grenouille nage, pépère, sereine,
Elle se dit : « Tout roule, y’a pas de peine. »
La chaleur monte, à peine, un soupçon,
Un frisson, un souffle, mais pas de prison.
Elle s’étire, elle baille, elle s’habitue,
Elle se dit : « Ça va, c’est juste une vue. »
Le feu dessous, il danse, discret,
Une flamme lente, un piège parfait.
Le corps s’adapte, s’endort, s’oublie,
Elle se dit : « Après tout, c’est la vie. »
Ça fume un peu, ça pique la peau,
Elle le sent, mais bon, c’est pas trop.
Elle pourrait sauter, fuir, partir,
Mais elle attend, elle veut voir venir.
Le monde brûle, le temps s’étire,
L’eau bouillonne, plus d’avenir.
Elle a tout vu, elle sait, mais tarde,
Et quand elle bouge… c’est déjà trop tard.
Moralité, mon ami, entends,
Le danger, c’est pas l’instant violent,
C’est la douceur des chaînes invisibles,
Les petits degrés… imperceptibles.
Stéphanie PRIME
Référence
Ce texte est librement inspiré de l’histoire de « la grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite« , d’Olivier CLERC.
Un parallèle avec les transitions de vie
La grenouille représente une personne en phase de changement : au début, tout semble supportable, même confortable. La montée progressive de la chaleur symbolise ces transitions où les choses se transforment lentement : surcharge, perte de repères, glissements relationnels ou professionnels…
Ce n’est pas un choc brutal, mais une accumulation de petits signaux. Le texte parle de ce moment où l’on s’adapte trop, où l’on minimise : « ça va, c’est juste un soupçon ». C’est typique des périodes de transition : on reste dans l’entre-deux, on attend, on espère que ça passe.
La morale est claire : le danger n’est pas toujours l’événement soudain, mais l’installation progressive d’un inconfort qu’on finit par normaliser.
Lien avec l’équicoaching
En équicoaching, les chevaux sont justement des “révélateurs” de ces micro-changements.
Ils perçoivent immédiatement ce qui monte en nous : tension, hésitation, inconfort, perte de clarté. Là où l’humain s’habitue et minimise, le cheval répond dans l’instant.
Le travail avec eux permet de :
repérer plus tôt les signaux faibles
sentir quand une situation devient « trop chaude »
retrouver la capacité de “sauter hors de l’eau” : poser une limite, faire un choix, traverser une transition avec plus de sécurité
Et si vous appreniez à réagir avant que l’adaptation ne devienne épuisement ?





